Bassin minier du Nord-Pas de Calais
Paysages culturels - Biens étendus En quoi le Bassin minier du Nord-Pas de Calais a t-il une valeur universelle exceptionnelle ?
L’Industrialisation est parmi les plus grandes mutations et évolutions de l’Humanité et le charbon en est l’énergie majeure. Le Bassin minier Nord-Pas de Calais est un exemple représentatif de cette histoire industrielle. Il se distingue par la présence à grande échelle d’une mono-industrie extractive, une représentation exceptionnelle de toutes les facettes et toutes les époques de l’industrie charbonnière, tant techniques que sociales et une conservation remarquable de ses paysages.
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VisualiserLe Bassin minier du Nord-Pas de Calais correspond à la partie française du filon charbonnier du Nord-Ouest européen. Ce territoire autrefois rural, s’étirant de la frontière belge à l’est, aux collines de l’Artois à l’ouest, est aujourd’hui jalonné de trésors techniques et architecturaux issus de trois siècles d’exploitation du charbon. Il présente un paysage culturel évolutif vivant exceptionnel par sa continuité et son homogénéité et c’est 4000 hectares de paysage abritant 353 biens remarquables, soit 25 % de la totalité du patrimoine minier qui ont été inscrit.
Ce paysage, dont l’horizon a été redessiné par les terrils, offre de multiples facettes, tant l’impact de la mine a pris des formes différentes au sein de cette bande de territoire de 120 kilomètres de long et de 12 kilomètres de large. Parmi ces éléments figurent bien entendu, les terrils et les chevalements, véritables repères dans le paysage du Bassin minier. A leurs côtés, d’autres éléments tout aussi représentatifs ont été inscrits : des fosses d’extraction, des voies ferrées, des sièges de compagnies, des cités minières, ainsi que des équipements collectifs (églises, écoles, salles des fêtes, dispensaires…). Ces derniers témoignent de la prise en charge des mineurs et de leurs familles, par les compagnies, “du berceau à la tombe”.
C’est le Bassin minier dans sa continuité qui a été distingué et les 353 éléments remarquables sont les composantes d’un paysage qui permet de lire aujourd’hui encore l’histoire de ces trois siècles d’extraction.
Bassin minier du Nord-Pas de Calais Inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 2012
- Typologie
- Paysages culturels - Biens étendus
- Superficie du bien
- 3 943 ha
- Critères
- ii, iv, vi
- Gestionnaire, membre de l'association
- Mission Bassin minier Nord-Pas-de-Calais
En savoir plus sur les critères d'inscription du Bassin minier du Nord-Pas de Calais
Le Bassin minier du Nord-Pas de Calais témoigne de manière exceptionnelle des échanges d’idées et d’influences à propos des méthodes d’exploitation des filons charbonniers souterrains, de la conception de l’habitat ouvrier et de l’urbanisme, ainsi que des migrations humaines internationales qui ont accompagné l’industrialisation de l’Europe.
Les paysages miniers évolutifs et vivants du Bassin du Nord-Pas de Calais offrent un exemple éminent du développement à grande échelle de la mine de houille, aux XIXe et XXe siècles, par les grandes compagnies industrielles et leurs masses ouvrières. Il s’agit d’un espace structuré par un urbanisme, des constructions industrielles spécifiques et les reliquats physiques de cette exploitation (terrils, affaissements).
Les événements sociaux, techniques et culturels associés à l’histoire du Bassin minier eurent une portée internationale. Ils illustrent de manière unique et exceptionnelle la dangerosité du travail de la mine et l’histoire de ses grandes catastrophes (Courrières). Ils témoignent de l’évolution des conditions sociales et techniques de l’exploitation des houillères. Ils représentent un lieu symbolique majeur de la condition ouvrière et de ses solidarités, des années 1850 à 1990. Ils témoignent de la diffusion des idéaux du syndicalisme ouvrier et du socialisme.
Livret « Bassin minier patrimoine mondial de l’UNESCO »
PDF
Film d’animation Bassin minier Patrimoine mondial de l’Unesco
Vidéo
Petite histoire du Bassin minier Patrimoine mondial
Vidéo- Silence, on tourne ! La Cité des Électriciens (la doyenne du Pas-de-Calais) n’est pas qu’un centre d’interprétation trop stylé ou un lieu de séjour insolite en gîte… C’est aussi une star de cinéma ! C’est ici que Dany Boon a posé ses caméras pour Bienvenue chez les Ch’tis. Le plus fou ? Quelques habitants y vivent toujours, partageant leur quotidien entre histoire et septième art.
- Quand le charbon laisse place à la musique ! Au 9-9bis, la dernière gaillette de charbon est remontée en 1990, marquant la fin d’une ère. Mais le site ne dort pas : des passionnés ont réussi l’exploit de remettre en marche l’une des machines monumentales ! Aujourd’hui, on y vient pour l’histoire, mais aussi pour vibrer dans sa salle de concert. Passer de la poussière de charbon aux décibels, c’est ça la reconversion !
- Germinal : de père en fils ! Le site d’Arenberg à Wallers est le chouchou des réalisateurs. Non seulement le film culte Germinal de Claude Berri y a été tourné, mais la récente série éponyme a aussi choisi ses mythiques bâtiments comme décor. Qui sait, lors de votre visite, vous pourrez peut-être y croiser Étienne Lantier ?
- Prendre de la hauteur (beaucoup de hauteur) ! Saviez-vous que le Bassin minier du Nord de la France a ses propres pyramides ? À Loos-en-Gohelle, les terrils jumeaux culminent à 186 mètres, ce qui en fait les plus hauts d’Europe. Avec leur forme conique parfaite, ils rappellent leurs cousines d’Égypte (elles aussi inscrites au Patrimoine mondial !). La seule différence ? Ce ne sont pas des tombeaux pour souverains, mais des monuments érigés à la force des bras par les mineurs de fond. Un hommage grandiose qui prouve que l’histoire ouvrière est aussi éternelle que celle des rois !
- Béton VS métal ! Si les silhouettes métalliques des chevalements dominent le paysage, le béton a aussi eu son heure de gloire ! Pour admirer l’un des derniers survivants de cette architecture robuste, direction Valenciennes : le chevalement Dutemple se dresse fièrement, vestige rare d’une époque où l’on construisait les chevalements en béton !
- Un petit verre de Charbonnay ? (oui oui, vous avez bien lu, avec un B) : À Haillicourt, le charbon a laissé place au raisin ! Sur le terril, des vignes bio poussent à 136 mètres d’altitude avec une pente vertigineuse de 80%. Ce vin audacieux est le seul au monde élevé sur d’anciens déchets miniers. Un cru noir de terre mais blanc de robe, qui rend un hommage savoureux aux mineurs.