Terres et mers australes françaises
Biens naturels En quoi les Terres et mers australes françaises ont-elles une valeur universelle exceptionelle ?
Comportant les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien, cette “ oasis ” au coeur de l’océan Austral abrite l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins au monde. Leur éloignement fait de ces îles des vitrines extrêmement bien préservées de l’évolution biologique.
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VisualiserSituées entre les 37e et 50e parallèles sud, les « Terres et mers australes françaises » englobent les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien, comprenant l’archipel Crozet, des îles Kerguelen et des îles Saint-Paul et Amsterdam. Leurs caractéristiques océanographiques et géomorphologiques permettent une extrême productivité de leurs eaux, à la base d’un réseau trophique riche et diversifié. Cette « oasis » au cœur de l’océan austral abrite et entretient l’une des plus fortes concentrations et diversités d’oiseaux et de mammifères marins au monde. Les paysages volcaniques grandioses, qui hébergent cette nature sauvage et foisonnante, forgent le caractère sublime du bien.
Couvrant plus de 1 662 000 km2, l’immensité du bien permet à la fois une large représentativité de la biodiversité australe et la protection de l’ensemble des processus écologiques essentiels au maintien de ces espèces. À ce titre, le territoire joue un rôle clé pour la bonne santé des océans à l’échelle planétaire, en particulier pour la régulation du cycle carbone.
Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, les Terres et mers australes françaises sont des vitrines de l’évolution biologique extrêmement préservées et constituent un territoire unique pour la recherche scientifique, notamment pour le suivi à long terme des populations d’oiseaux et de mammifères marins et pour l’étude des effets des changements globaux. Forte de ce patrimoine d’exception, la collectivité des TAAF, par le biais de la réserve naturelle et avec l’engagement de la communauté scientifique, a mis en place un système de gestion éprouvé et reconnu assurant son intégrité pour les générations futures.
Terres et mers australes françaises Inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 2019
- Typologie
- Biens naturels
- Superficie du bien
- 67 296 900 ha
- Critères
- vii, x
- Gestionnaire, membre de l'association
- Réserve naturelle Terres australes françaises
En savoir plus sur les critères d'inscription du Terres et mers australes françaises
Les Terres et mers australes françaises forment un des derniers lieux de “naturalité” au monde ayant conservé le caractère sauvage de son patrimoine naturel. Le phénomène de concentration d’oiseaux et de mammifères marins y est tout à fait unique dans la zone subantarctique, présentant d’immenses colonies où se mêlent harmonieusement une abondance d’espèces, d’ambiances sonores, de couleurs et d’odeurs. Cette nature foisonnante au cœur de paysages volcaniques grandioses renforce le caractère sublime du bien.
Site d’exception pour la conservation de l’avifaune mondiale, les Terres et mers australes françaises hébergent plus de 50 millions d’oiseaux Sur 16 des 47 espèces présentes, près de la moitié de leur population mondiale se reproduit sur les îles. On y trouve notamment la plus grande population de manchots royaux et d’albatros de Carter au monde, ainsi que 8 espèces endémiques telles que l’emblématique albatros d’Amsterdam, l’un des oiseaux les plus rares de la planète. Elles concentrent également de larges populations de pinnipèdes, dont la 2e plus grande au monde d’éléphants de mer du Sud et la 3e plus importante d’otaries à fourrure antarctique de la planète, mais aussi des cétacés, dont notamment le dauphin de Commerson. La richesse et la diversité d’espèces des Terres et mers australes françaises, tout à fait unique dans l’océan austral, confère au bien une valeur universelle exceptionnelle.
- Les poissons notothénioïdes des australes, telle que la légine, possèdent un sang contenant des protéines antigel ou dépourvu d’hémoglobine afin de survivre dans des eaux à –1,86 °C, défiant la congélation.
- Le dauphin de Commerson est un des plus petits cétacés du monde, faisant au maximum 1m70. Il possède une sous-espèce endémique des eaux de Kerguelen (Cephalorhynchus commersonii kerguelenensis) que l’on ne trouve que là bas.
- Les Macrocystis pyrifera sont des algues brunes géantes présentes dans les eaux de Kerguelen. La croissance de ces algues peut atteindre 30 cm par jour pour les plus gros pieds. Ceci fait de Macrocystis pyrifera l’un des organismes à la croissance la plus rapide sur Terre. Ces algues peuvent atteindre la taille impressionnante de 45 m de long, en une saison!
- Les espèces exotiques introduites dans les districts austraux sont majoritairement d’origine européenne. Le plantain lancéolé installé à Amsterdam peut produire des inflorescences dont la forme rappelle le choux romanesco, bien différentes de celle d’origine. Aux Kerguelen, les pissenlits peuvent faire du gigantisme et atteindre une taille de près de 50 cm de diamètre.
- Avec 50 millions d’oiseaux issus de 47 espèces, les Terres et mers australes françaises = l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins de la planète. On y trouve notamment parmi les plus grandes populations de manchots royaux et d’albatros à bec jaune de l’océan Indien au monde.
- Des plantes en forme de coussinet! Les plantes natives de Crozet et Kerguelen sont soumises à d’importantes contraintes environnementales, en particulier le vent et le froid. Pour s’adapter à ces facteurs, plusieurs espèces de plantes ont évolué et adopté une forme en coussinet, caractéristique morphologique souvent observée chez les plantes en haute altitude en milieu montagnard.
- Des poussins sans défense. Dans les Australes, les oiseaux marins ont très peu de prédateurs naturels originels. Dans ce contexte, une fois le poussin émancipé thermiquement, les 2 parents partent souvent en mer pour pêcher sans surveillance du poussin qui reste seul. Dans un contexte non perturbé, cela ne pose pas de problème. Mais avec l’introduction des chats, l’équilibre est rompu et les poussins sont désormais exposés à la prédation du félin. Dans certains secteurs, la mortalité pouvait être importante. C’est pourquoi les TAAF mènent des opérations de régulation du chat haret dans les secteurs où les impacts sont observés.