Strasbourg, Grande-Île et Neustadt
Villes du Patrimoine Mondial En quoi Strasbourg, Grande-Île et Neustadt ont-ils une valeur universelle exceptionnelle ?
La Grande-Île et la Neustadt, ville nouvelle réalisée sous administration allemande, forment un ensemble urbain caractéristique de l’Europe rhénane, structuré autour de la cathédrale, chef-d’oeuvre majeur de l’art gothique.
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VisualiserLa Grande-Île et la Neustadt forment un ensemble urbain caractéristique de l’Europe rhénane, structuré autour de la cathédrale, chef-d’oeuvre majeur de l’art gothique. Son imposante silhouette domine l’ancien lit du Rhin maitrisé par l’homme. Des perspectives construites à partir de la cathédrale créent un espace urbain unifié et modèlent un paysage singulier mis en scène par les cours d’eau et canaux. Les influences françaises et germaniques ont permis la composition d’un espace urbain spécifique alliant les réalisations de grandes périodes significatives de l’histoire européenne : l’Antiquité romaine, le Moyen Âge et la Renaissance rhénane, le XVIIIe siècle classique français, puis le XIXe et le début du XXe siècle qui voient l’émergence de la ville moderne, capitale et symbole du nouvel état allemand. Soigneusement assemblées avec leur spécificité et leur diversité, ces réalisations composent une scène urbaine exceptionnelle représentative d’une culture de la ville proprement européenne, hautement significative en ce lieu d’affrontements passés et symbole aujourd’hui de la réconciliation francoallemande.
Strasbourg, Grande-Île et Neustadt Inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1988
- Typologie
- Villes du Patrimoine Mondial
- Superficie du bien
- 182 ha
- Critères
- ii, iv
- Gestionnaire, membre de l'association
- Ville et Eurométropole de Strasbourg
En savoir plus sur les critères d'inscription du Strasbourg, Grande-Île et Neustadt
Les influences françaises et germaniques ont façonné la Grande-Île et la Neustadt. Elles ont permis l’émergence d’une expression unique issue de ces deux cultures qui s’illustre particulièrement dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme. La cathédrale, influencée par l’art roman de l’est et l’art gothique du royaume de France, s’inspire également de Prague, notamment pour la construction de la flèche. Elle constitue un modèle, vecteur de l’art gothique vers l’est. La Neustadt, ville moderne forgée par les influences haussmanniennes, modèle d’urbanisme allemand tel que Reinhardt Baumeister puis Josef Stübben l’exposent à partir de 1890 est aussi traversée par les théories de Camillo Sitte. Sa réalisation complète la construction d’un paysage unique et propose une synthèse au coeur de l’identité européenne.
La Grande-Île et la Neustadt de Strasbourg constituent un exemple caractéristique de ville de l’Europe rhénane devenue une capitale européenne. Intégrée à un tissu urbain médiéval, dans le respect de la trame antique originelle, les demeures privées de style Renaissance, construites entre le XVe siècle et la fin du XVIIe siècle, forment un ensemble unique d’architecture domestique rhénane, indissociable de l’exceptionnelle cathédrale gothique. Au XVIIIe siècle, l’architecture classique française s’impose sur le modèle du palais Rohan, construit par Robert de Cotte, architecte du roi. À partir de 1871, la physionomie de la ville est profondément modifiée grâce à la réalisation d’un ambitieux projet d’urbanisme qui permet l’émergence d’une ville moderne et fonctionnelle représentative des progrès techniques et de la politique hygiéniste émergeant au tournant des XIXe et XXe siècles. Les édifices privés et publics de l’ensemble urbain témoignent des changements politiques sociaux et culturels, de la ville qui passe du statut de Ville libre du Saint Empire romain germanique à celui de Ville libre du royaume de France, puis de capitale régionale. La construction de la Neustadt et la modernisation de la Grande-Île engagent Strasbourg vers son destin de “ capitale européenne ”.
- En 1988, le centre historique médiéval centré sur la cathédrale gothique est le premier ensemble urbain français reconnu par l’UNESCO.
- 1 inscription, 2 quartiers ! En 2017, le périmètre de l’inscription est élargi pour inclure le quartier Neustadt, vitrine de la modernisation allemande du XIXᵉ siècle.
- Un immeuble égyptien à Strasbourg ? Rue du Général Rapp, la façade la maison Egyptienne de Franz Scheyder, datée de 1905, arbore une fresque polychrome représentant une scène de chasse dans les marais, dans un décor de de papyrus et de lotus.
- La Maison Kammerzell : Cette maison, autrefois propriété d’un riche marchand de fromages, a servi de magasin à ses différents propriétaires jusqu’au XIXème siècle. L’abondant décor sculpté représente des scènes sacrées et profanes : les cinq sens, la foi, l’espérance et la charité, les signes du zodiaque… Elle tire son nom de Philippe-François Kammerzell qui la rachète en 1846 et qui lui donnera son patronyme.
- Un observateur impérial au palais du Rhin ? Conçu dans un style mêlant Renaissance italienne et baroque allemand, le palais incarne la présence impériale au cœur de la Neustadt. Sur la grille qui entoure le jardin, parmi les arabesques et motifs en fer forgé se détache le profil caractéristique de l’Empereur. Certainement un clin d’œil de la part des ferronniers!
- Les hôtes illustres du palais Rohan. Il a accueilli de nombreux hôtes prestigieux, dont Napoléon Ier, II et III. Parmi ses visiteurs illustres figurent Marie-Antoinette, qui y séjourne en 1770 lors de son voyage nuptial, et, plus de deux siècles plus tard, la reine Elizabeth II, reçue en 1992 à l’occasion de sa visite au Parlement européen.